Suite à la fermeture de la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières, les Archives départementales ont eu l’honneur d’accueillir les rencontres scientifiques internationales sur « Charleville : une ville neuve et sa population ». Durant deux journées, les 10 et 11 décembre derniers, d’éminents chercheurs issus de plusieurs universités françaises (Paris IV, Bordeaux 3, Amiens…) et européennes (Venise, Milan, Landau), ont présenté les premiers résultats d’un travail de recherche sans précédent dans le département.
Ce projet soutenu par l’Agence nationale de la recherche a été dirigé par François-Joseph Ruggiu, professeur d'histoire moderne à l'Université Panthéon-Sorbonne, qui a engagé depuis le début des années 2000 une vaste enquête de démographie historique. Cette enquête se fonde sur l’exploitation d’une source d’archives extraordinaire : la collection des recensements annuels des Carolopolitains, trésor des archives communales de Charleville, aujourd’hui déposé aux Archives départementales.
Il existe en effet à Charleville une série de recensements de la population uniques en France et sans doute en Europe, qui constituent une série annuelle quasi-complète de 1698 à 1910, avec quelques prolongements de 1935 à 1939. Leur exploitation par différentes équipes de chercheurs, croisée avec d’autres sources telles que le cadastre ou l’enregistrement, a permis de proposer un programme particulièrement dense.
Les communications ont évoqué en particulier le peuplement de Charleville, les origines de ses habitants, les mobilités qui les ont animés, ainsi que l’évolution physique de la ville sous l’Ancien Régime et au XIXe siècle. Samedi après-midi, une session consacrée aux villes neuves ou nouvelles, d’Henri IV à nos jours, a resitué la création de Charleville dans le contexte général de l’évolution urbaine française, européenne, et plus largement mondiale.
Retrouvez le compte rendu de l'intégralité des communications du colloque dans la rubrique "Actualités".
Vendredi 7 mai 2010 à l’Hôtel du département, le cartulaire de l’abbaye de Chaumont a officiellement été remis aux Archives départementales.
Son dernier gardien, Jacques Lucas, décédé subitement le 17 mai dernier, a été publiquement remercié par Benoît Huré, Président du Conseil Général, pour ce geste généreux en faveur de la mémoire du département. Le rôle déterminant joué par l’Association de sauvegarde du patrimoine du Portien, pour la transmission à la collectivité du cartulaire, a également été salué.
Ce précieux document rejoint désormais les collections des Archives départementales.
Octobre 2006 : la fermeture des Ateliers Thomé-Génot fait la une de l’actualité nationale. 320 salariés perdent leur emploi. Cette aciérie, leader mondial des pôles alternateurs, symbole du savoir faire industriel ardennais, faisait depuis 1855 les beaux jours de la métallurgie dans la Vallée de la Meuse.
Dans la nuit du 8 au 9 février 2010, un énième incendie se déclare dans les combles du bâtiment administratif des Ateliers Thomé-Génot. Les flammes ravagent une partie de la production documentaire de l’entreprise, laissée à l’abandon depuis la cessation de ses activités. L’équipe des Archives départementales des Ardennes intervient dès le lendemain, avec l’autorisation du liquidateur judiciaire en charge du dossier, pour tenter de sauver un patrimoine en péril.
En effet, Les Archives départementales des Ardennes mènent une politique de collecte des fonds d’entreprises pour conserver et transmettre la mémoire du tissu économique ardennais. La production documentaire des acteurs du monde du travail intéresse l’histoire du département car souvent, les archives publiques ne suffisent pas pour l’écrire.