L’année 2014 marquera le centième anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale. Cet événement fondateur de notre histoire contemporaine occupe aujourd’hui encore une place centrale dans la mémoire collective.
S’agissant de la première guerre industrielle de l’Histoire, sa dureté a en effet marqué à jamais chaque famille et chaque commune ardennaise. Notre département a été sur son sol le théâtre d’immenses destructions matérielles et humaines, qui donnent plus qu’ailleurs une résonance encore profonde dans nos mémoires, notre espace et notre temps.
Le Conseil général des Ardennes est d’ores et déjà attentif à la préparation de cette grande échéance mémorielle. Les Archives départementales lancent une vaste campagne de collecte de tous documents (photographies, affiches, correspondance, journal de guerre, presse, etc.), sur cette période, en français ou en allemand, susceptibles d’être détenus par les particuliers, les familles, les professionnels, retraçant les événements et le quotidien de la Grande Guerre. Ces documents viendront enrichir les fonds d’archives déjà conservés par les Archives départementales ou combler des lacunes au regard des nombreuses pertes et destructions d’une partie des archives au cours des opérations de guerre.
Cet appel a pour but de collecter, par don ou achat de documents originaux, les derniers témoignages des événements de la Grande Guerre pour les transmettre aux générations futures, afin qu’elles n’oublient pas que ce sont de ces traces écrites que restera la mémoire à la fois tragique et épique de ces événements qui ont marqué les Ardennes et qui ont contribué à la naissance de notre monde actuel, il y a cent ans.
Archives départementales des Ardennes
10, rue de la Porte de Bourgogne
08011 Charleville-Mézières Cedex
Tél : 03 24 57 40 06
Courriel : archives@cg08.fr
Cote du document en vignette : 21Fi 22
Un véritable abîme existe entre le mode de publicité du siècle dernier et celui usité de nos jours. Le monde de la réclame connaît un rare bouleversement depuis l'avènement des réseaux sociaux et la diffusion tous azimuts des méthodes de la publicité en ligne sur Internet.
Mais qu’en est-il des supports multiples d’hier conservés aujourd’hui dans les fonds des Archives départementales des Ardennes ?
Presse
Avant la Révolution, la publicité était très restreinte, et nous n’en trouvons pas trace dans les archives locales. La parution des Annuaires des Ardennes datés de 1892, donne la possibilité aux lecteurs de découvrir les premiers encarts publicitaires (A la belle Jardinière), publicités qui apparaissent également dans la presse locale et notamment La Vie Ardennaise illustrée de 1897.
Affiches
Le début du 20e siècle correspond à un grand tournant dans l’histoire de la publicité. Les affiches publicitaires s’élèvent au rang d'œuvre d'art. Chacun à sa manière apporte les formes et les couleurs de façon à les rendre plus attrayantes (21 Fi 100, bijouterie Au Carillon, 21 Fi 598, Camembert Moreau, 21 Fi 268, La Midinette).
Catalogues
Au cours de ce siècle, la publicité prend un essor considérable et joue un rôle essentiel pour les commerçants et artisans locaux qui comprennent vite que cette forme moderne de publicité attire davantage la clientèle.
La publicité devient un élément crucial de la compétitivité pour les entreprises. Une bonne publicité peut contribuer à la renommée d'une entreprise tandis qu’une campagne manquée peut remettre en cause son image. De nombreux catalogues de pièces et d’outillage font leur apparition essentiellement à partir des années 1900 : 1 J 29 (Usines Berliet), 1 J 428 (Forges Saint-Nicolas, 1885), 1 J 561 (Pied-Selle), 1 J 872 (Usine Deville), 1J 888 (Fonderie Corneau Alfred à Charleville), 1 J 977 (Gilet Lafond)…..
Papiers à en-tête, objets
Parallèlement, les logos de marques sont utilisés sur les emballages (1J 968 Moulins Charbonneaux), et les en-têtes de factures (1J 877, fonds 21J) avant de s’étendre aux objets, tissus (73 J 1341, fanion ATC*) et plaque émaillée (48 J, fonds Blaise).
* Ateliers Thomé-Cromback
Cote du document en vignette : 21 Fi 100
Les Archives départementales des Ardennes ont acquis récemment un lot très précieux de 170 photographies qui vient enrichir la collection iconographique du département.
De petit format (6 x 10 cm), ces clichés sont des portraits d’enfants et d’adultes non datés, mais probablement réalisés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
La qualité des prises de vues témoigne d’une belle maîtrise de l’art photographique par des professionnels dont les ateliers étaient situés à Charleville (Chaupe, Jacoby, Louis, Vassogne), à Mézières (studio Dargent) et Sedan (Esser, Jacquard, Ladot, Stévenin, Willème). Autant d’illustres photographes qui ont immortalisé ces visages d’antan au mystère dont on souhaiterait percer le secret : des regards fixant intensément l’objectif, une rigidité des postures tel un soldat au garde-à-vous, une mise en scène et des décors qui semblent attendre le lever de rideau d’une pièce de théâtre.
Parés de leurs plus beaux atours, gantés, chapeautés, costumés ou drapés dans des vêtements presque amidonnés pour la circonstance, du militaire à l’ecclésiastique, du notable à l’ouvrier, de la ménagère à la jeune mariée, tous posent fièrement devant l’objectif.
Les Archives départementales des Ardennes proposent par le biais d’un diaporama diffusé dans leur hall d’accueil, une première série de clichés largement consacrée à des portraits d’enfants. En costume de carnaval, ces petits bambins, tantôt Pierrot, tantôt fée, tantôt cow-boy, indien, ou plus sobrement vêtus en tenue de communiant ou de communiante, intimidés ou orgueilleux. Tous ont une petite frimousse adorable, dans des mises en scène dont seul le photographe a le secret.
Faisant la fierté de leurs parents, ces clichés d’enfants ont probablement orné de nombreuses tables, buffets ou commodes, mais tous relatent une histoire, leur histoire, notre patrimoine commun, notre mémoire collective. La mission des Archives départementales est d’en assurer la collecte, la conservation, la diffusion et la transmission aux nouvelles générations.
Archives départementales des Ardennes
10, rue de la Porte de Bourgogne
08000 Charleville-Mézières
Tél : 03 24 57 40 06
Courriel : archives@cg08.fr
Horaires d'ouverture : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9h à 17h, le mardi de 13h à 17h.
Cote du document en vignette : 16Fi 1158
L’année 2013 marque le centenaire de la naissance du vice-amiral d’escadre Ronald MIDOUX. L’Union nationale des combattants, la ville de Bogny-sur-Meuse et les Archives départementales des Ardennes organisent une exposition intitulée « Ronald MIDOUX, vice-amiral d’escadre de l’Aéronautique navale » du 10 mai au 7 juin, dans le hall de l’hôtel de ville. L’inauguration qui aura lieu le vendredi 10 mai à 18h, elle sera suivie d’une conférence de Monsieur Freddy Lalouette.
Né le 3 décembre 1913 à Château-Regnault, aujourd’hui Bogny-sur-Meuse, Ronald MIDOUX entre à l’Ecole navale en 1932. En 1935, il obtient son brevet de pilote et passe l’essentiel de sa carrière au sein de l’aéronautique navale. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est officier de renseignement, engagé dans l’opération Sampan, il est chargé de préparer le débarquement en Provence.
Capitaine de frégate en 1955, il prend le commandement de l’escorteur d’escadre La Bourbonnais (1958-1959). Capitaine de vaisseau en 1963, il commande le porte-avions Arromanches (1963-1964).
Nommé contre-amiral en 1968, il commande le groupe des porte-avions et l’aviation embarquée jusqu’en 1970. Vice-amiral en 1971, il est chef de la division de l’aéronautique navale à l’état-major de la Marine (EMG/AERO) et chef du service central de l’aéronautique navale (SC/AERO). Vice-amiral d’escadre en 1972, il siège au conseil supérieur de la Marine. Le 3 décembre 1973, il est placé dans la deuxième section des officiers généraux de la Marine.
L’amiral MIDOUX est titulaire de la Légion d’Honneur au rang de Grand Officier, de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance, et de L’Ouissam El Alaouite du royaume du Maroc.
Retourné à la vie civile, il passe une retraite active entre sa ville natale et Paris. Le monde associatif et l’érudition occupent toutes ses activités : il est membre des associations des Anciens combattants de toutes armes, des Résistants ardennais où il rencontre Marguerite FONTAINE et Éva THOMÉ, l’Ardenne à Paris dans laquelle il donne de nombreuses conférences. Numismate mais également écrivain, la romancière Éva THOMÉ, l’assiste dans son travail de recensement des mots du patois ardennais, resté inachevé.
Le 4 mars 1984, il succombe d’une crise cardiaque à son domicile parisien, à l’âge de 71 ans.
Document en vignette (collection privée Monsieur Freddy Lalouette) : A bord du porte-avions Arromanches, en rade de Diégo-Suarez, à Madagascar, le Président de la République Charles de Gaulle s'entretient avec le capitaine de frégate Ronald MIDOUX, alors commandant de l'escorteur d'escadre La Bourdonnais.
Les Archives se prennent au jeu
Le dernier samedi de mai marque la journée nationale du jeu. A cette occasion, les Archives départementales souhaitent mettre à l’honneur les jeux d’antan, en vous faisant découvrir des pratiques ancestrales aujourd’hui disparues.
Les jeux constituent un authentique patrimoine culturel : ils sont la vivante illustration des mœurs d’une époque et des valeurs d’une communauté. Dans ses mémoires récemment confiées aux Archives départementales et classées sous la cote 1J 1038, Lucien Marchand nous raconte les souvenirs de son enfance passée à Vireux-Wallerand dans les années 1905, et les principaux jeux auxquels il s’adonnait.
Le jeu du quiné (quinet)
Ce jeu traditionnel se pratiquait avec de longs bâtons de bois dont on se servait pour envoyer au loin un quinet, c’est-à-dire un.bâtonnet effilé aux deux extrémités et taillé en forme de cône. D’une longueur de 12 à 15 cm, ce bâtonnet était le plus souvent fabriqué en noisetier, quelquefois en chêne, bois plus lourd mais aussi plus dangereux. L’action de le frapper sur l’une de ses extrémités avait pour effet de le soulever en l’air, le frapper de nouveau au milieu, tout en veillant à ce que son adversaire ne puisse pas le saisir au vol, le troisième et dernier essai le propulsant le plus loin possible à la manière du golf.
Lucien Marchand nous précise que la plus belle place pour jouer était le bas du village, car les risques de casser des carreaux y étaient moindres ! Ce jeu faisait gagner sa vie au vitrier qui passait dans les quartiers, son atelier accroché au dos…
Jeu de la balle au tamis
Cet autre jeu traditionnel, en vogue au début du XXe siècle en Belgique et dans le Nord de la France, s’apparente à l’ancêtre du jeu de paume ou à l’héritier de la famille du tennis. Un gant ainsi qu’une balle servaient de seul équipement au joueur.
Il consistait à envoyer la balle en direction d’un tamis, petit trépied en osier cannelé, posé au centre du terrain. Ces balles étaient réalisées avec du sable pressé entouré de déchets de chanvre, et recouvertes d’une peau blanche cousue.
Parmi les participants, on appelait communément le bon casseur, celui qui envoyait la balle le plus loin possible avec son gant. Le livreur était celui qui lançait la balle avec la paume de la main et le tacheleur lançait une balle difficile à rattraper de par sa faible élévation.
Création d’une culture, fruit d’une histoire, ces jeux d’équipe étaient disputés dans la convivialité, sans brutalité physique, ce qui vient contrecarrer le proverbe bien connu « jeux de mains, jeux de vilains ». Le patrimoine peut s’inscrire tout autant dans la pratique d’un jeu que dans l’écriture ou l’expression corporelle.
A l’approche des vacances d’été, les enfants du XXIe siècle seraient-ils prêts à délaisser leurs consoles et tablettes numériques pour remettre au goût du jour les jeux de leurs ancêtres ?
Créés en 1867, les registres matricules recensent tous les jeunes hommes appelés au service militaire lors de leur 20e anniversaire, soit par tirage au sort jusqu’en 1905, soit systématiquement après 1905.
Les registres sont constitués par année et sont d’un modèle uniforme à partir de 1868 : 500 feuillets individuels par registre avec une table alphabétique annuelle donnant accès à la personne recherchée. Il suffit ainsi de connaître le patronyme et l’année de naissance pour permettre la recherche.
Quelques subtilités sont cependant à souligner. Les registres matricules sont établis par bureau de recrutement, dont le ressort géographique peut englober des cantons situés dans des départements voisins. Les deux bureaux de recrutement des Ardennes, Mézières et Mézières-Reims, ne couvrent pas tout le sud du département. Par ailleurs, le service militaire n’étant obligatoire qu’à partir de 1905, les registres ne mentionnent pas tous les hommes adultes avant cette date.
Source d’informations intéressantes non seulement pour retracer une carrière militaire (régiments successifs, campagnes, décorations…), mais également pour collecter des données généalogiques (ascendance, degré d’instruction, lieux d’habitations successifs, description physique de l’individu…), les registres matricules militaires font l’actualité à la veille des commémorations du centenaire de la Grande Guerre.
Les registres matricules sont communicables après un délai de 50 ans. Cependant, si le document comporte des informations dont la communication porterait atteinte au secret médical, le délai est de 25 ans à compter de la date du décès de l’intéressé ou, lorsqu’elle n’est pas connue, de 120 ans à compter de sa naissance (code du patrimoine - Article L.213-2).
Par arrêté du 20 décembre 2012, une dérogation générale a été instituée, permettant la consultation des registres matricules du recrutement militaire des classes ayant servi durant la Première Guerre mondiale et non encore librement communicables (classes 1912-1921).
La numérisation des registres matricules et leur mise à disposition en ligne auprès du public est une des actions majeures du réseau des archives départementales pour la commémoration de la Première Guerre mondiale. Cette action a été encouragée depuis plusieurs années par le ministère de la Culture qui, dans le cadre du plan national de numérisation, a inscrit dès 2009 la série des registres matricules dans les « collections » prioritaires à numériser.
Au regard de cette grande échéance mémorielle que constitue la commémoration du centenaire, les registres matricules de la tranche chronologique 1891-1921, conservés aux Archives départementales des Ardennes, feront l’objet d’une campagne de numérisation en 2013 et en 2014. Cette opération permettra de compléter les registres (1867-1890) numérisés en 2010 et consultables en ligne (http://archives.cg08.fr/arkotheque/registres_matricules/index.php ).